La liberté d’expression

Notice : selon l’auteur, quels sont les avantages de la liberté d’expression?

Extrait :

« Il y a longtemps que des personnes qui aiment leur pays et leur Gouvernement, regrettent en secret, que le trésor rare que nous possédons dans notre constitution, demeure si longtemps caché, faute de l’usage de la liberté de la presse, dont l’office est de répandre la lumière sur toutes les parties. […]
Ce pouvoir est si essentiel à la liberté, que l’État le plus despotique où il serait introduit, deviendrait par là même un État libre; et qu’au contraire la Constitution la plus libre, telle que celle d’Angleterre, deviendrait tout à coup despotique, par le seul retranchement de ce pouvoir. […]
Tous les gouvernements doivent avoir ce but, et tous désireraient peut-être de l’obtenir, mais tous n’en ont pas les moyens. Le despote ne connaît le peuple que par le portrait que lui en font les courtisans et n’a d’autres conseillers qu’eux. Sous la constitution d’Angleterre, le peuple a le droit de se faire connaître lui-même par le moyen de la liberté de la presse, et par l’expression libre de ses sentiments, toute la nation devient pour ainsi dire le conseiller privé du Gouvernement.
    Mais pour que l’exercice de la liberté de la presse ait ces bons effets, il faut qu’il soit général pour tous les côtés. S’il était asservi à un parti, il aurait un effet tout contraire, il ne servirait qu’à créer des divisions odieuses, à entretenir d’un côté des préjugés inutiles, et à faire sentir profondément à l’autre côté, l’injustice de la calomnie, sans lui laisser les moyens de la repousser. »

Source de l’extrait : Le Canadien, 13 novembre 1806. Cité dans Yvan Lamonde et Claude Corbo, Le rouge et le bleu : Une anthologie de la pensée politique au Québec de la Conquête à la Révolution tranquille, Montréal, PUM, 1999, p. 55-57.

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