La violence au quotidien

<div title='Images, cartes ou graphiques libres de droits pour un usage &eacute;ducatif et non commercial. Merci de mentionner le nom de l&rsquo;auteur et la source.'class='image-licence'><span id='vert-libre'></span></div>[Cette pancarte précise que ce lieu est strictement réservé aux blancs] © EIC / <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:ApartheidSignEnglishAfrikaans.jpg?uselang=fr" target="_blank">Wikimedia Commons</a>. Domaine public

En mars 1960, les militants anti-apartheid organisent des manifestations pour protester, entre autres, contre l’instauration d’un document d’identité obligatoire (le pass) pour tous les Noirs. À Sharpeville, un township noir, les policiers tirent sur la foule des manifestants, faisant 69 morts et 160 blessés. La police prétend qu’elle a agi pour se défendre, mais les rapports médicaux prouvent que la majorité des victimes ont été atteintes dans le dos. La communauté internationale condamne le massacre pendant que le pays connaît des semaines de violences, de protestations et d’arrestations massives.

En 1976, le gouvernement décide que l’enseignement des sciences devra être obligatoirement donné en langue afrikaans. En colère, les étudiants Africains descendent dans la rue pour protester. À Soweto, un township noir, la police tire sur les manifestants et tue un jeune garçon. Les étudiant se révoltent et s’attaquent aux symboles de l’apartheid. La police fait des milliers d’arrestations. Incarcérés des semaines sans jugement, des dizaines de prisonniers vont mourir des suites des mauvais traitements subis. La répression qui suit cette crise fait près de 1500 victimes parmi les manifestants. Depuis 1991, la journée de la jeunesse est célébrée chaque année le 16 juin, à la mémoire du massacre des enfants à Soweto.

Le début des années 80 est encore marqué par de nombreux épisodes de violence. Les affrontements entre les groupes anti-apartheid et les forces de l’ordre font plusieurs victimes. En 1985, malgré une tentative d’adoucissement des mesures de l’apartheid, la population noire est plus révoltée que jamais. Elle dénonce haut et fort la ségrégation résidentielle, la séparation de la population en groupes raciaux et l’interdiction du droit de vote. En représailles, le gouvernement instaure l’état d’urgence et fait plus de 30 000 arrestations. La torture, les châtiments corporels et les condamnations à mort sont courants durant cette période.

Il faudra attendre 1984 pour que les mesures de l’apartheid commencent à être peu à peu abolies pour calmer l’opposition. Nelson Mandela, libéré en février 1990, sera finalement élu premier président de la nouvelle Afrique du Sud démocratique en 1994.

Auteur: 
Marianne Giguère
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